Divagation des chenaux dans la baie – LEVOY et all 2017

30/05/2017

La divagation des cours d’eau sur l’estran est un phénomène mal maîtrisé et, de ce fait, toutes les interprétations sont possibles.

La plus récente est liée aux travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel. Le creusement du lit du Couesnon, voulu par ces travaux, aurait entraîné une « aspiration » du chenal Sée-Sélune qui s’oriente désormais au sud de la baie, presque aux pieds du Mont.
Des cartographies ont montré que le chenal Sée-Sélune a, tout au long de son histoire, divagué, tantôt au Nord, tantôt au Sud, sans qu’aucune explication n’en soit donnée. Jusqu’à cette année 2017 où les travaux du Professeur Franck LEVOY ont permis de comprendre ce phénomène de divagation.

Chaque habitant de la baie connait le phénomène des marées, qui sont liées à l’attraction de la lune et du soleil sur la terre. De ce fait, selon les positions du soleil et de la lune, nous sommes en faible coefficient (mortes-eaux) ou en fort coefficient (vives-eaux), jusqu’ici tout est logique.

Mais voilà, on peut se poser la question suivante : Pourquoi les grandes marées ne sont-elles pas toujours affectées du même coefficient ?

En effet, certaines grandes marées atteignent des Coefficient 100, 110, 115 voire 119 l’an passé en 2016. Cette différence entre chaque grande marée n’est pas aléatoire, mais elle répond à un cycle de 18,6 années, qui correspond aux variations de distance ente la lune et la terre.

Le Professeur LEVOY démontre que c’est ce même cycle qui commande les divagations Nord-Sud de la Sée-Sélune et Est-Ouest du Couesnon.
Étant donnée que nous avons passé l’an dernier le pic du cycle lunaire (coefficient 119) nous sommes désormais dans la phase descendante et donc, d’ici une dizaine d’années, le chenal Sée-Sélune devrait avoir repris une position plus au Nord, du côté de Tombelaine vraisemblablement.

Voici le résumé de l’étude : Étude Franck LEVOY (PDF)