Élévation du niveau des marais salés

Une étude interannuelle menée par les chercheurs de l’INSA de Rennes, Sébastien Détriché et Alain Jigorel, a permis de modéliser l’évolution morpho-dynamique du marais salé dans la baie.

transects

carte des points suivis

En effet, des points de mesure (en rouge) du niveau altimétrique du marais ont été suivis entre juillet 1998 et décembre 2005 sur trois transects qui ont été choisis en fonction de leur distance à la digue, leur morphologie et leur végétation. Le premier (polder Bertrand) se situe en zone pâturée. Les deux autres sont en zone non pâturée et sont préservés de l’activité humaine à l’exception du haut marais qui est fauché annuellement.

En parallèle des mesures de hauteur, des analyses de granulométrie des sédiments étaient effectués et chaque transect a fait l’objet d’un inventaire botanique.

Résultats obtenus :

Les courbes ci-dessous montrent l’évolution du niveau du sol dans le marais en chaque point.

Courbes marais salés On peut constater des évolutions différentes d’une zone à l’autre. L’accroissement du niveau à l’extrémité du Polder Bertrand est d’environ 5 mm par an alors qu’il est de près de 4 cm par an sur Saincey.

Les variations du niveau des sédiments sont liées à des phénomènes locaux (topographie, végétation) et externes (vent, marées, niveau de la mer) mais dont on peut tirer quelques principes majeurs qui régissent le fonctionnement inter-annuel ou inter-saisons du marais salé.

La variabilité spatiale, liée aux différents types de végétation et la topographie jouent un rôle essentiel sur la forme du marais et le stock de sédiment. Par exemple, la présence de Chiendent Maritime sur les herbus favorise, du fait de sa hauteur, le piégeage et la rétention des sédiments.
Ces différents paramètres inter-agissent à des échelles saisonnières, annuelles et inter-annuelles. Toutes ces variations spatio-temporelles ne peuvent être prises en compte séparément tellement elles interagissent les unes sur les autres.

En l’occurrence, cette étude met en évidence que le niveau de sédiment est très sensible à l’élévation du niveau marin. Ce point doit être particulièrement pris en compte dans le projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.

Enfin, l’étude montre que les activités anthropiques (fauche, pâturage) peuvent avoir un impact sur la végétation, et par conséquent sur le niveau de sédimentation, ce qui justifie la nécessité d’un plan de gestion des marais salés.