Évolution des marais salés

Dans la Baie du Mont-Saint_Michel, la turbidité empêche les phénomènes d’eutrophisation malgré la présence de nutriments. Les apports d’azote vont alors être utilisés par le Chiendent Maritime (Elymus athericus) pour se développer.

En effet, les études scientifiques montrent que la présence de nitrates dans l’eau permet à la plante de s’acclimater à  l’eau salée. C’est le phénomène d’Osmo-protection.
Le chiendent qui, jusqu’alors, restait cantonné au haut de la dune descend sur l’estran et s’impose face aux espèces végétales telles que l’aubione ou la puccinellie.
L’étude « invasion des marais salés intertidaux par un complexe d’espèces et d’hybrides de chiendent et fonctionnement écologique des marais salés de la baie du Mont-Saint-Michel » permet de comprendre ce phénomène.
Voir également la page « Élévation du niveau des marais salés« .

DSCN6020 Evolution des marais salés

Comme le montre la photo ci-dessus, le Chiendent (vert foncé) est plus dense et plus touffu que les autres variétés (vert clair) qui faisaient à marée basse le régal des moutons de prés-salés et qui surtout, étaient à marée haute les lieux de vie des juvéniles de bars, de soles et autres… et ce changement d’habitat entraîne un recul de certaines espèce benthiques qui se traduit par un appauvrissement de ces prés salés. Il se traduit également par une évolution du niveau du marais comme l’explique Loïc Valéry dans son rapport d’étude « Evolution naturelle et anthropique des marais salés : conséquences fonctionnelles »

CARTOGRAPHIE DE LA VÉGÉTATION

Depuis 1984, une équipe de scientifiques du CREBS (Rennes) réalise un inventaire de la végétation sur les herbus de la baie. Ainsi, une série de cartes montre l’évolution de la végétation entre 1984, 1995, 2002, 2007 et 2013. Elle permet notamment de mettre en évidence l’invasion du chiendent maritime sur les herbus.
Le rapport de l’étude 2013 vient d’être publié par Loïc Valéry et Alain Radureau (
voir le rapport 2013).PDF

Les travaux réalisés en laboratoire par Laurent Leport  (Etude de 2006) montrent que la présence d’azote dans l’eau permet au chiendent de se protéger contre le sel. Cette espèce qui était inféodée à la dune descend alors sur l’estran vers les niveaux inférieurs du marais.

Les Causes :

On a vu ci-dessus que l’invasion du chiendent était lié à la présence d’azote dans l’eau. Les deux hypothèses :

  • l’azote provient des cours d’eau de la baie et à marée montante les courants plaquent l’eau douce riche en azote sur les herbus.
  • l’azote provient des cultures sur les polders, passe sous la digue et ressort dans les criches des herbus.
Criche - Photo de Laurent TRAVERT

Criche Baie du Mont-Saint-Michel

Des protocoles d’investigation seront proposés début 2015 par les scientifiques pour savoir d’où provient l’azote.

L’autre cause de cette prolifération du chiendent, c’est la diminution du pâturage sur certains secteurs. Un travail sera réalisé par un stagiaire début 2015 pour analyser l’évolution de cette pression dans le temps.

Les conséquences :

Face à cette prolifération du chiendent, les investigations des scientifiques permettent de remonter progressivement à la source de ces apports azotés.
Néanmoins, des actions doivent être menées sur les herbus pour expérimenter des solutions pour contenir cette prolifération.

Un groupe de travail « Gestion des marais salés » avait été initié dans le cadre du document d’objectif Natura 2000.
Ce groupe de travail sera réactivé début 2015 avec un co-pilotage Conservatoire du Littoral – Inter-SAGE pour définir, selon les secteurs, les différentes expérimentations possibles.

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