La gestion des marais salés de la baie du Mont Saint-Michel

09/07/2013

Dans la Baie du Mont-Saint_Michel, la turbidité empêche les phénomènes d’eutrophisation malgré la présence de nutriments. Les apports d’azote vont alors être utilisés par le Chiendent Maritime (Elymus athericus) pour se développer.

En effet, les études scientifiques montrent que la présence de nitrates dans l’eau permet à la racine du chiendent de s’acclimater à  l’eau salée. C’est le phénomène d’Osmo-protection.
Le chiendent qui, jusqu’alors, restait cantonné au haut de la dune descend sur l’estran, s’impose face aux espèces végétales telles que l’aubione ou la puccinellie.

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les prés salés au Gué de l’Epine

Comme le montre la photo ci-contre, le Chiendent (vert foncé) est plus dense et plus touffu que les autres variétés (vert clair) qui faisaient à marée basse le régal des moutons de prés-salés et qui surtout, étaient à marée haute les lieux de vie des juvéniles de bars, de soles et autres… et ce changement d’habitat entraîne un recul de certaines espèce benthiques qui  se traduit par un appauvrissement de ces prés salés.

evol-ChiendentLe schéma ci-contre, issu du Document d’Objectif Natura 2000 reflète l’expansion du Chiendent maritime sur les herbus de la baie.

Il faut également remarquer que le pâturage est en régression dans la baie.
De ce fait, le chiendent qui était présent dans le sol mais dont la croissance était limitée par le pâturage, peut s’épandre sans limite.

 

Face à cette modification du milieu, des mesures de gestion de marais salés doivent être prises pour maintenir leur multifonctionnalité. Une présentation de « La Gestion des herbus dans la Baie du Mont-Saint-Michel » réalisée par Vincent SCHRICKE (ONCFS) et présentée au Forum des Marais Atlantiques explique la situation dans la baie.

Des expérimentations ont déjà été menées et l’Inter-SAGE proposera à l’automne un groupe de travail multi-acteurs spécifique sur ce thème.